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InformationsPublié le 13 octobre 2026

Tenues de camouflage multispectrales : comment les militaires deviennent invisibles

Ce qui, à première vue, rappelle le jeu « Où est Charlie ? » est, en opération, bien plus qu’un simple jeu de cache-cache. Il s’agit ici de survie : quiconque est repéré est en danger. Mais aujourd’hui, le camouflage visuel seul ne suffit plus. Les capteurs de reconnaissance modernes détectent également des signatures invisibles à l’œil humain. C’est là qu’entrent en jeu les tenues de camouflage multispectrales. Elles ne camouflent pas seulement les soldates et les soldats aux yeux de l’être humain, mais compliquent également leur détection par des capteurs techniques opérant dans le domaine infrarouge.

Lucia Egger, domaine spécialisé Communication, domaine de compétences État-major stratégique

Ce texte a été traduit à l'aide de l'IA (DeepL)

Dans le cadre du projet Systèmes de camouflage multispectraux (MSTS), l’Office fédéral de l’armement armasuisse acquiert de nouveaux systèmes de camouflage et de leurrage. Ceux-ci comprennent également des systèmes de camouflage intégral destinés aux membres de l’Armée suisse. L’objectif est de rendre les troupes, le matériel et les infrastructures plus difficiles à détecter par les capteurs de reconnaissance modernes.

Le camouflage commence par l’œil humain

Les motifs de camouflage, les couleurs et les structures tridimensionnelles estompent les contours et brisent la silhouette caractéristique d’une personne. Celle-ci se fond ainsi davantage dans son environnement et devient nettement plus difficile à repérer sur le terrain. Dans le cadre du projet MSTS, des tenues dites « Ghillie Suits » ont été évaluées. Il s’agit de tenues de camouflage intégrales avec capuche, complétées par des éléments de camouflage pour le torse, les bras et les jambes. En complément, des capes de camouflage ont également été examinées. Elles peuvent être portées comme un poncho léger par-dessus l’équipement et la tenue. Les deux systèmes peuvent en outre être complétés par de la végétation naturelle, comme des feuilles ou des branches, afin d’améliorer encore leur efficacité de camouflage.

Ce que l’œil ne voit pas

Une personne peut être bien camouflée visuellement tout en restant clairement visible pour des capteurs de reconnaissance techniques. Les caméras thermiques en offrent une illustration particulièrement parlante : alors qu’une soldate ou un soldat se fond presque dans son environnement aux yeux de l’être humain, la chaleur corporelle se détache souvent nettement de l’arrière-plan sur une image thermique. Selon le mode d’affichage, la personne apparaît sous la forme d’une silhouette claire ou rouge-orangé. C’est précisément là qu’intervient le camouflage multispectral : des fibres, des revêtements et des structures textiles spécifiques influencent la dissipation de la chaleur vers l’environnement. Cela empêche la chaleur corporelle de se détacher nettement de l’environnement sur une image thermique.

Entre forêt et ville

Tous les environnements n’imposent pas les mêmes exigences en matière de camouflage. Dans les forêts et les prairies, le paysage est dominé par des tons verts et bruns, tandis que les zones bâties se caractérisent par d’autres couleurs, contrastes et structures. À cela s’ajoutent les changements liés aux saisons : alors qu’au printemps la végétation fraîche domine, en hiver, la neige et les branches dénudées marquent le paysage. Afin de conserver leur efficacité dans différents environnements et à différentes saisons, armasuisse acquiert plusieurs systèmes de camouflage multispectraux.

Une technologie qui doit pouvoir être portée

Le camouflage individuel doit non seulement être efficace sur le plan technique, mais aussi faire ses preuves sur le terrain. Une tenue de camouflage doit protéger sans restreindre la personne qui la porte. Elle doit pouvoir être transportée facilement, être enfilée et retirée rapidement, tout en offrant une liberté de mouvement suffisante. Il a également été vérifié que les systèmes peuvent être utilisés avec un casque de protection balistique, qu’ils occupent peu de place et que l’équipement personnel reste facilement accessible. Les retours des militaires ont joué un rôle central dans cette évaluation. Ils ont permis de s’assurer que les systèmes répondent également aux exigences du quotidien des soldates et des soldats.

Qui détecte qui en premier ?

Les systèmes sélectionnés dans le cadre du projet MSTS correspondent à l’état actuel de la technique et offrent une solution uniforme et légère pour le camouflage individuel. Toutefois, le développement des technologies de reconnaissance entraîne aussi une augmentation des exigences en matière de camouflage. De nouveaux matériaux et technologies de camouflage pourraient à l’avenir ouvrir de nouvelles possibilités pour réduire encore plus efficacement les signatures. Derrière l’évolution du camouflage et de la reconnaissance se cache finalement une question essentielle, qui peut être déterminante pour la protection et la survie en opération : qui détecte qui en premier ?