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InformationsPublié le 14 mai 2024

Village d’exercice d’Epeisses: de la gravière au paradis des espèces menacées

Biodiversité: En dépit de sa superficie réduite – 18 hectares – le village d’exercice militaire d’Epeisses (GE) abrite plus de vingt espèces végétales et animales menacées d’extinction. Ce phénomène est dû, pour une part, à l’utilisation militaire, et pour l’autre, à la gestion du territoire dans le cadre du programme Nature – Paysage – Armée (NPA), qui favorise la biodiversité locale.

Près de la moitié de l’aire de la place d’armes sert d’habitat à la faune et la flore locales. L’armée exploite les surfaces herbeuses environnantes de manière extensive depuis plusieurs années dans le cadre du programme « Nature – Paysage – Armée » (NPA). Cette exploitation écologique favorise la diversité des insectes et permet à une multitude de plantes de s’épanouir. Vingt des espèces végétales et animales dénombrées sont reprises dans la liste rouge des espèces menacées en Suisse. Epeisses compte en outre six variétés d’orchidée. L’une d’entre elles, que l’on trouve uniquement sur deux autres sites en Suisse – à Genève et à Bâle – n’a été découverte que cette année.

Un village d’exercice pour les troupes de sauvetage

Propriété de la Confédération, le village d’exercice d’Epeisses constitue le centre névralgique de la place d’armes de Genève. Les troupes de sauvetage s’y préparent à d’éventuelles interventions sur un terrain de dix hectares, c’est-à-dire l’équivalent de quatorze terrains de foot. Elles y réalisent, dans des conditions proches de la réalité, des exercices qui leur permettront de faire face à des catastrophes telles que des incendies ou des inondations.

Le village a été créé dans les années 1980 sur le site d’une ancienne gravière et s’est agrandi progressivement. L’extraction de graviers a appauvri le sol et l’a mis à nu, le transformant en un biotope rare pour un nombre exceptionnellement élevé d’espèces végétales et animales menacées. À l’origine, le site l’ancienne gravière devait être remblayé en vue d’une utilisation industrielle ou agricole. Toutefois, le sol a conservé sa pauvre té en raison des activités militaires.

Pourquoi favoriser un sol pauvre ?
En Suisse, l’agriculture intensive a entraîné une surfertilisation d’une grande partie du sol, qui est donc riche en éléments nutritifs. Or, quantité de plantes et d’animaux ne peuvent pousser ou survivre dans ces sols sursaturés. Interrompre l’apport d’éléments nutritifs freine le développement des plantes dominantes, grandes consommatrices de nutriments. C’est pourquoi les milieux pauvres en nutriments ou « prairies maigres » offrent des conditions de vie idéales à de nombreux insectes, plantes et oiseaux. Toutefois, les prairies maigres se font de plus en plus rares car elles ne présentent aucun intérêt économique.

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